Installation à Grièges (01) – Interview

A partir de septembre 2017, la maison médicale de Grièges, village limitrophe ente les départements de l’Ain et du Rhône, sera en mesure d’accueillir 2 médecins généralistes.

Motivé? Nous avons reccueilli pour vous des détails supplémentaires!

Interview de M. Prudhon.

1) Quels sont pour vous les avantages à s’installer à Grieges?

  • Ouverture en septembre 2017 d’une   maison de santé pluridisciplinaire avec infirmières, ostéopathe, kiné, dentiste et pharmacien. Une MARPA se trouve aussi à proximité.
  • Proximité de l’agglomération mâconnaise. Grand hôpital et cliniques. Importantes zones  d’activités. Collèges et lycées à moins de 10 km. Nombreuses infrastructures de culture et loisirs.
  • Réseau de communications exceptionnel.  Autoroutes immédiatement accessibles pour aller à Lyon (40 min), Genève (1h) et Dijon (1h30). Gare TGV à 10 minutes.
  • Et cadre de vie de qualité. Village agréable où il fait bon vivre, calme, bien entretenu et fleuri. Zone résidentielle et semi-rurale à développement démographique soutenu. Présence de commerces, services et écoles primaires. Situation privilégiée à la frontière de territoires touristiques variés à fortes spécificités (plaine de la Saône, Bresse Bourguignonne, Beaujolais, Dombes…)

2) Comment décririez vous la patientèle du cabinet?

  • Patientèle nombreuse (40-50 consultations par jour) émanant d’un territoire principalement dans un rayon d’une dizaine de km et fidélisée suite à 39 ans d’exercice à Grièges.
  • Patientèle diversifiée et de tous les âges, reflet de la population. Sympathique.
  • Exercice d’une médecine dans toute sa globalité.  

3) Quelles sont les qualités du médecin idéal pour succéder?

  • Médecin passionné aimant le contact humain
  • Médecin désireux d’être le moteur d’un projet nouveau
  • Médecin ouvert aux collaborations avec les autres personnels de la maison de santé et aux contacts avec la municipalité

4) Recherchez vous 2 médecins actuellement ou un seul?

Compte-tenu de l’importance de la patientèle et de l’expansion démographique, possibilité pour 2 médecins généralistes.

5)Une petite photo ?

Grieges

Pour plus d’information, n’hésitez pas à consulter l’annonce et à contacter M. Prudhon.

Les directives anticipées en médecine générale

Le mois dernier, je suis devenue un docteur, un vrai de vrai. Après des mois (enfin, des années!) de dur labeur, ce fut un vrai moment de joie, de partage, de reconnaissance. Bref, un moment d’émotions intenses.

Ce travail, né de questions que je me suis posée pour ma pratique de médecin généraliste, et qui m’a apporté des éléments de réponse, pourquoi ne pas vous le partager?  Alors, plutôt que de l’enterrer, à peine la thèse passée, je vais vous le présenter. Peut-être vous intéressera-t-il.

Voici donc le résumé de ma thèse. J’ai enquêté auprès de 101 patients, consultant en médecine générale, afin de recueillir leur avis sur le moment le plus opportun pour aborder l’information sur les directives anticipées (mission d’information du médecin traitant, intégrée à la modification de la loi Leonetti, rebaptisée Loi Claeys-Leonetti, le 2/2/16)

Titre de la thèse : Applicabilité du recueil des directives anticipées (DA) prévu par la loi Leonetti : enquête auprès de patients en médecine générale en Vendée et Loire-Atlantique.

Contexte : La loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie a modifié certains éléments relatifs aux DA : caractère contraignant non opposable, suppression de la durée de validité, conditions de conservation. Le médecin traitant a désormais le devoir d’informer ses patients de «la possibilité et des conditions de rédaction de directives anticipées. » (Article 8).  L’objectif de ce travail est de déterminer son rôle, selon les patients, concernant la circulation de l’information et la rédaction de DA.

Méthode : cette étude est descriptive quantitative, sous forme d’un entretien dirigé avec comme trame directrice un questionnaire, auprès de patients consultant au cabinet de leur médecin généraliste. Dans un second temps, et afin de comparer les données pertinentes, une analyse en sous-groupe a été réalisée. 

Résultats : 101 entretiens directifs ont été réalisés. 16.8% des patients connaissent le concept des DA et 4% des patients les ont rédigées. La majorité des patients a déjà réfléchi à des souhaits relatifs à sa fin de vie (68.3%). 77.2% des patients interrogés estiment nécessaire d’être informé de l’existence des DA par son médecin traitant lorsqu’ils sont « en bonne santé », et 91.1% en cas de « maladie grave ». A l’issue de l’entretien, 40,6% des patients interrogés ont estimé vouloir rédiger des DA. Les patients sans antécédent notable ont été les plus intéressés par l’information sur les DA (83,1%).  Le mode d’information souhaité par les patients est une campagne médiatique (86%), la remise en mains propres d’une brochure commentée directement par le médecin traitant (75,8%), la proposition d’une consultation dédiée à ce sujet (50,5%) ou encore la mise à disposition de brochures en salle d’attente (22,2%). Ils ne sont toutefois que 5.1% à souhaiter que cette mise à disposition en salle d’attente soit la seule source d’information venant du médecin.

Conclusion : les résultats de notre étude suggèrent que le médecin généraliste a une place essentielle, selon les patients, dans l’application de ce dispositif et que les patients attendent de lui qu’il soit à l’initiative d’une discussion sur la fin de vie et sur les DA. Il semble intéressant que les patients puissent être informés de l’existence de ce dispositif lorsqu’ils sont en « bonne santé ». Toutefois, les conditions d’exercice de la médecine générale ne permettent actuellement pas une information systématique active du médecin pour tous les patients, et il est donc important de cibler ceux intéressés et de repérer les situations qui sont propices pour aborder ce sujet.

D’après les patients interrogés, il n’est donc pas nécessaire d’attendre la survenue d’une maladie grave pour aborder le sujet des DA, et ils disent accueillir favorablement une discussion au sujet de la fin de vie indépendamment de leur état de santé. Il est donc important de repérer les patients intéressés (information en salle d’attente par exemple) et de saisir les occasions d’aborder un tel sujet (quelques exemples sont donnés ci-dessous). Pour les personnes âgées ou les personnes gravement malades, ce sujet est délicat à aborder. Évoquer le choix de la personne de confiance (notion bien intégrée par les patients) peut permettre d’initier une discussion sur la dégradation de l’état de santé.

Voici quelques exemples de situations où il peut-être opportun de délivrer une information sur les DA :

  • Après un séjour en réanimation ou suite à une hospitalisation
  • Décès, maladie grave ou hospitalisation d’un proche
  • Entrée en maison de retraite
  • Période pré-opératoire d’une chirurgie majeure
  • A l’occasion d’une question personnelle ou d’actualité portant sur une maladie, ou sur la fin de vie
  • A l’occasion d’une question relative au don d’organe
  • A l’occasion d’un simple bilan de santé, de la demande d’un certificat médical pour une assurance, une association, un vaccin
  • Avant de réaliser une activité à risque professionnel ou un loisir
  • Lors d’une question du patient sur sa fin de vie
  • Le plus précocement possible dans le parcours de soins d’un patient atteint d’une maladie incurable.
  • Patients en refus de soins.

Pour information, il existe maintenant un formulaire officiel de directives anticipées, que vous pouvez consulter ici.

Pour plus de détails, vous trouverez le texte intégral de ma thèse ici.

Des brochures officielles, ainsi que des affiches pour vos salles d’attente devraient voir le jour prochainement. Une campagne médiatique est prévue également.

Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas!

Marie Bigourdan-Brouard

 

 

Médecin de père en fils ? Ou la fin d’un mythe.

 Recommanderiez-vous de faire médecine

  Étude auprès de 275 médecins.

 

Problématique

Faire médecine attire toujours autant d’étudiants. Toutefois, devant la dégradation ces dernières années des conditions de travail des médecins, ceux-ci semblent inquiets pour l’avenir de leur profession et de notre système de santé.

Alors, malgré ces conditions difficiles (pénurie de médecins, surcharge de travail, manque de considération, judiciarisation de la médecine, contraintes administratives grandissantes, incompréhension des politiques, burn-out etc), ceux exerçant ce magnifique métier recommandent-ils toujours aux plus jeunes de suivre leur voie ?

Matériel et méthode

Diffusion par trocundoc, auprès des étudiants en médecine et des médecins (salariés, libéraux, remplaçants) d’un questionnaire en ligne entre le 19 et le 29 juin 2016.
Les spécialités concernées sont : la médecine générale, les spécialités médicales (spécialistes) et chirurgicales. L’avis des externes a également été recueilli.

Résultats

Description de l’échantillon :

  • 275 personnes ont participé à notre étude.
  • L’échantillon est représenté en majorité par les médecins généralistes (71.3%)
    répartition échantillon

Intérêt des études

L’intérêt pour les études de médecine a été évalué par une note entre 1 (inintéressant) et 10 (passionnant).
La médiane obtenue est de 8/10 (minimum 1 et maximum 10/10).

intérêt

Difficulté des études

Le niveau de difficulté des études de médecine a été évalué par une note entre 1 (facile) et 10 (très difficile).
La médiane obtenue est de 8/10 (minimum 1 et maximum 10/10).

difficulté

Recommandations de leurs études

Seulement 22,8% des médecins interrogés recommandent sans hésiter de faire médecine et 37.3% le déconseillent franchement. De plus, ils sont 18,3% à les recommander aux autres, en les déconseillant à leurs enfants.

image(13)

Recommandations de leurs études par spécialité

  • Franchement non :
    Quelle que soit la spécialité, ils sont entre 36 et 38% à déconseiller absolument aux générations futures de suivre leur voie.
    franchement non spé

Parmi les externes interrogés, ils sont déjà 25% à dissuader leur choix d’études.

  • Oui sans hésiter :
    Si beaucoup déconseillent franchement de faire médecine, d’autres le recommandent vivement.
    oui absolument spé

Parmi les externes interrogés, ils sont 38% à encourager, sans hésiter, leur choix d’études.

Limites

Nous avons fait le choix d’un questionnaire court afin de ne pas décourager les internautes et d’avoir un maximum de réponses possibles. Nous n’avons donc pas pu effectuer une analyse en sous-groupe plus précise.

Il serait intéressant de connaître mieux le profil des médecins déconseillant ou conseillant catégoriquement de faire médecine (sexe, âge, charge de travail, mode d’exercice, motivations, détail de la spécialité, etc.).

En conclusion :

D’après notre étude, après des études jugées intéressantes mais difficiles, ils semblent que seulement une minorité des médecins interrogés (22.8%) recommandent sans hésiter le choix de ce cursus.

Ils sont malheureusement nombreux (37.3%) à déconseiller formellement le choix de ces études. Les études sont jugées difficiles (médiane 8/10) et ainsi, on observe qu’avant même la fin de l’externat, ils sont déjà 25% à dissuader les plus jeunes. Les résultats observés ne semblent pas liés au choix de la spécialité.

Au total, dans notre étude, une majorité des médecins (55,6%) décourageraient même le choix des études de médecine pour leurs enfants.

Comment expliquer une telle déception de nos confrères ? Le manque de reconnaissance des patients, des politiques, des confrères parfois eux-mêmes ? Des études longues, couteuses, moralement difficiles, les concours ?

Le désir de soigner son prochain suffira-t-il à motiver les générations futures à entreprendre ce long parcours ?

Les rémunération et horaires de travail des médecins en France

L’étude

  • L’étude a été réalisée par TrocUnDoc.com auprès de 677 médecins (généralistes et spécialistes) partout en France (DOM-TOM inclus), sondés de façon aléatoire (réseaux sociaux, mailing, bouche à oreille).
  • Les résultats ont été principalement exploités pour les médecins généralistes : 304 médecins installés et 287 médecins remplaçants. 86 spécialistes ont répondu au sondage: un volet leur est dédié en fin d’étude.
  • Les résultats de l’étude (salaires, horaires de travail, lieu géographique…) sont déclaratifs.
  • Les départements proposés dans le sondage ont été regroupés en région, puis les régions en « Grandes régions ». Ces « Grandes Regions » ont été choisies arbitrairement pour une meilleure lecture cartographique de nos résultats. Elles correspondent donc à des régions limitrophes.
  • Beaucoup de généralistes travaillent moins de 5 jours par semaine. Il nous a donc paru intéressant de comparer le nombre de jours travaillés au nombre d’heures hebdomadaires travaillées.

Continuer la lecture

TrocUnDoc, les coulisses du lancement

Eté 2014 : l’origine

Nous sommes  invités à  la Tranche-sur-Mer chez Elise, une amie interne de médecine de Marie. Nous passons un week-end délicieux au bord de la plage, avec barbecue et odeur de pins. Vendée. Mais surtout 6 ou 7 internes de médecine (générale & spé), esprit un peu carabin, mais aussi joueurs car, en cette charmante bourgade, tient lieu une fête foraine dans laquelle nous débarquons à 23h pour jouer aux machines à sous et décrocher des peluches qui invariablement restent dans l’enclos de verre. Nous rions bien et je découvre (ou plutôt re-découvre), moi l’ingénieur, les discussions de médecine au vocabulaire si peu familier.

Continuer la lecture